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Réunion de lancement : 17 mars 2026 | Animateur : Frédéric Changenet
ÉTAT DES LIEUX ET PROPOSITION DE NOMENCLATURE
1. Introduction et enjeux de “friction”
Frédéric Changenet (FC) ouvre la séance en rappelant que ce groupe de travail est né d’une volonté collective de clarifier le paysage de l’audio immersif. Il donne immédiatement la parole à Terence Briand (TB), dont les publications sur LinkedIn ont servi de catalyseur.
Le constat de Terence Briand : TB expose un problème de terrain récurrent : l’absence de langage commun, notamment entre le studio et la salle. Les artistes créent des mouvements spatiaux complexes en studio, mais se retrouvent face à des régisseurs de salle qui possèdent du matériel sans savoir qualifier ce qu’il permet réellement de diffuser. Cette “friction” (concept appuyé par Benoît Leteneur) mène à des déceptions artistiques (impossibilité de réaliser une intention artistique spatiale alors même que la salle dispose d’un équipement appelé “immersif”).
2. La proposition des “5 Labels” de Terence Briand
Pour remédier à ce flou, TB propose de qualifier les salles/installations selon leur capacité de diffusion physique :
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Son frontal : Diffusion sur une ligne avant.
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Son élargi : Frontal + enceintes sur les côtés.
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Son 360° : Enveloppement horizontal complet.
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Son en dôme : Ajout de l’axe vertical (Z).
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Son excentrique : Diffusion du centre vers l’extérieur (scène centrale).
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Son ponctuel : Sources isolées (type KNN), très utilisé au théâtre.
3. Premières réactions et nuances techniques
Adrien Zanni (AZ) et Hector Teyssier (HT) apportent une nuance immédiate : la topologie des enceintes ne dit rien du “ressenti” de l’auditeur. Ils préconisent une approche basée sur la perception plutôt que sur la seule disposition physique.
Mathieu Delquignies (MD) se montre dubitatif sur l’idée de “labels”, qu’il juge trop contraignants. Il rappelle la réalité du marché :
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La majorité des demandes actuelles sont frontales.
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Viennent ensuite les scènes centrales.
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Le 360° réel ne représente pour l’instant que 5% des productions.
Sylvain Thévenard (ST) rejoint MD sur la méfiance envers les labels. Il souligne qu’une salle peut être équipée à 360° mais avec si peu d’enceintes que la qualité de l’image sonore est médiocre. Pour lui, l’algorithme de rendu (VBAP, WFS, etc.) est tout aussi crucial que la position des haut-parleurs.
4. L’objectivation de la perception subjective
Adrien Zanni (AZ) et Hector Teyssier (HT) détaillent leurs travaux de recherche. Leur objectif est de créer un framework de métriques agnostique des technologies :
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Profils d’immersion : Définir des “profils cibles” selon le média (Rock, Classique, Théâtre).
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Indicateurs clés : Sensation d’enveloppement, précision de la localisation, et respect des intentions de l’artiste.
Damien Jacquet (DJ) propose de faire le pont entre ces métriques et un vocabulaire compréhensible par les non-spécialistes. Il suggère l’utilisation d’un radar de notation multicritères pour visualiser les capacités d’un système d’un seul coup d’œil.
5. La dimension artistique et émotionnelle
Plusieurs participants insistent sur le fait que la technique doit rester au service de l’émotion :
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Amélie Nilles (AN) : Elle insiste sur le “ressenti” et l’expérience du public. Elle définit l’immersion comme un “bain sonore” lié à l’attachement émotionnel de l’enveloppement.
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Baptiste Martin de Frémont (BM2F) : Il alerte sur le risque de trop se focaliser sur le son frontal. Il plaide pour une vision exhaustive qui ne bride pas l’imaginaire des créateurs.
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Arnault Damien (AD) : Pour lui, “l’objectivité n’existe pas”. Seule la sensation finale du public compte, la sonorisation étant par nature une recréation d’une réalité acoustique.
6. Contraintes physiques et temporelles
Martin Antiphon (MA) soulève un point critique pour la musique : la gestion du temps.
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Distance critique : Dans les grandes salles, les temps de propagation peuvent briser le “groove” si les retards dépassent 80 ms.
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Écriture spatiale : Le système de diffusion influence directement la manière de composer (lien création/outil, problématique de “de la scène au disque” et inversement
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Flexibilité : MA souligne que dans la “vraie vie”, les ingénieurs du son font souvent du “bricolage” non-académique pour s’adapter à des systèmes hétérogènes.
Frédéric Changenet (FC) abonde en citant l’expérience de “FIP 360” : la taille maximale d’un système de diffusion doit être adaptée au programme sonore pour rester cohérente.
7. débat sémantique : “Spatial” ou “Immersif” ?
La terminologie cristallise les tensions entre usage marketing et rigueur technique :
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Contre “Immersif” : Sylvain Thévenard, Damien Jacquet et Amélie Nilles préfèrent le terme de “spatialisation sonore”. Ils considèrent qu’un système frontal n’est pas immersif par nature.
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Pour “Immersif” : Benoît Leteneur défend le terme car il est déjà adopté par le grand public. Il rejette le mot “spatial” car il est désormais trop associé à l’écosystème Apple.
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La synthèse de FC : Frédéric définit l’immersion comme une dissociation d’état mental. Pour lui, les technologies immersives s’opposent à la stéréo classique car elles cherchent à s’approcher de l’écoute naturelle au plan perceptif.
8. Transposition : Du disque à la scène
Une question récurrente (portée par MA et FC) concerne la migration des œuvres :
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Comment un mixage conçu pour un album (stéréo ou Atmos domestique) se transpose-t-il sur un système de diffusion de concert ?
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La différence entre les représentations allocentriques (Définir la ) et égocentriques (le son lié au mouvement de l’auditeur) doit être explorée.
9. Méthodologie et Groupes de Travail (GT)
En fin de séance, Martin Antiphon propose de scinder le travail en trois axes, validés par le bureau pour les sessions à venir :
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GT 1 – Typologie des systèmes : Basé sur le travail de Terence Briand, incluant les types de rendus et les capacités physiques des enceintes.
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GT 2 – Typologie des productions : Inventorier les cas d’usages (Concert électro 360, théâtre, classique sonorisé, acoustique active).
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GT 3 – Passage du disque au live : Réflexion sur la transposition des formats et les stratégies de mixage.
Livrables prévus :
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Un document technique exhaustif.
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Un document ultra-synthétique (A4) pour les exploitants de salles et producteurs.
Antoine Hurtado (AH), Président de l’AES France, conclut en rappelant que l’objectif ultime est le “Seamless” : rendre la technologie invisible pour que seul l’objet artistique demeure.
Prochaine plénière : 8 avril 2026.
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